Ce que je sais de Vera Candida

de Véronique Ovaldé, publié en 2009 aux éditions de l’Olivier

Photo de la page de couverture de l’édition de l’Olivier

J’aime la caraïbe imaginaire de Véronique Ovaldé. La romancière y déroule le fil qui relie quatre générations de femmes d’une même lignée: Rosa Bustamente, la grand-mère de Vera Candida, ancienne prostituée, elle entretient son mépris des hommes dans un quotidien dur et rituel. Violette, la mère, son père dit qu’elle est « comme un enterrement en pleine canicule » parce que « tout est très lent chez elle, lent et laborieux et noir avec des pompons! ». Alcoolique, droguée, ne sait pas trop qui est le père de Vera candida, incapable d’élever sa fille qui trouve refuge chez sa grand-mère. Et Vera Candida, lumineuse, elle aussi marquée par la fatalité de la violence des hommes et qui aura la force de pousser sa fille Monica Rose, de l’autre côté de la ligne. Elles sont admirables avec leurs faiblesses et leur courage, leurs silences et la pudeur après l’horreur accomplie. Chacune construit sa vie en composant avec la menace permanente du prédateur, chacune utilisant sa force, la volonté, la soumission calculée, la ruse, la méfiance, la réclusion, l’évitement pour s’y soustraire.

C’est une histoire universelle et un roman très féministe, un chant d’amour pour les femmes (https://www.babelio.com/livres/Ovalde-Ce-que-je-sais-de-Vera-Candida/133640). Sous les tropiques et grâce à une « écriture enchantée » l’auteure nous fait aimer ses personnages, même Violette fruste et alcoolique, même Rosa, entretenue et profiteuse et surtout Vera Candida qui, dans sa lutte quotidienne pour la vie, entraîne sa généalogie vers la découverte d’un autre homme. Véronique Ovaldé écrit « des choses » sur l’amour maternel… à couper le souffle, avec ses viscères!

Récompensé en 2009-2010 par plusieurs prix littéraires. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Ce_que_je_sais_de_Vera_Candida)

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