
Frédéric Lenoir (https://www.fredericlenoir.com/) a une admiration sincère évidente pour Spinoza, le célèbre philosophe du 17ème siècle dont l’oeuvre est (parait-il) très difficile à lire (https://fr.wikipedia.org/wiki/Baruch_Spinoza). C’est donc très utile de vulgariser cette oeuvre pour que des néophytes puissent s’en faire une idée. Je ne doute pas que la foi en Dieu ait été un sujet de réflexion primordial chez Spinoza mais je ressens qu’une préoccupation du même ordre de l’auteur a donné une coloration très théologique à sa présentation.
Néanmoins, j’ai lu cet ouvrage avec un grand intérêt parce que Spinoza propose des idées très avant-gardistes pour son époque pour les quelles il s’est mis en danger. Et je partage beaucoup de ses points de vue fondamentaux,. J’adhère à cette idée, dans le Traité théologico-politique, de l’homme qui, passant de l’état de nature à l’état de société, transfère sa puissance et souveraineté naturelle à la puissance et souveraineté de la collectivité à laquelle il s’agrège: c’est le fondement de tout « pacte social ». De même, je suis en accord avec ses idées sur la démocratie et ce qui pourrait la menacer, sur la séparation de l’église et de l’état et sur la liberté d’expression, essentielle mais qui ne doit pas nuire à la paix sociale.
Spinoza a une vision « moniste » du monde (par opposition à la vision « dualiste » de Descartes qui sépare Dieu et le monde, l’esprit et la matière). Il défend l’idée de l’unité et de l’identité de Dieu avec la Nature, celle-ci étant vue comme « le cosmos entier », dans toutes ses dimensions, visibles et invisibles, matérielles et spirituelles. En conséquence, les « décrets de Dieu » sont les lois immuables de la Nature. L’homme recherche le bonheur suprême et la joie par la réflexion et la raison plutôt que par les émotions et les passions. Frédéric Lenoir cite Einstein: « Je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle dans l’harmonie de tout ce qui existe, mais non en un Dieu qui se préoccuperait du destin et des actes des humains. » Je me sens en harmonie avec Spinoza dans la limite de ma compréhension de son oeuvre (https://www.nonfiction.fr/article-11785-apprendre-a-lire-spinoza.htm).