Les mangeurs de nuit, roman de Marie Charrel publié en 2023 aux éditions de l’observatoire

Forêts enneigées d’Amérique du Nord (photo personnelle 2017)

De Marie Charrel j’ai déja rapporté dans ce blog un commentaire sur son roman « Les danseurs de l’aube » dont j’avais apprécié le thème, les personnages, l’originalité et la poésie (https://critiquacroquer.fr/les-danseurs-de-laube/). Survivre dans les rigueurs hivernales du Canada quand on est une « picture bride » c’est le thème de ce nouveau roman (https://encyclopedia.densho.org/Picture_brides). Au début du 20ème siècle, des jeunes femmes japonaises sont promises sur un échange de photos et envoyées au Canada au péril de leur vie pour être mariées à des immigrés japonais. Elles sont toute jeunes et pleines de rêves, pétries des traditions du Japon ancestral et au terme de la pénible traversée de l’océan, le désenchantement est brutal. Le mariage est expédié et l’homme est bien différent de la photo, les conditions de vie dans les exploitations forestières de la Colombie britannique sont très dures et les femmes se tuent à la tâche autant que les hommes. Pour aggraver la situation la colonie japonaise est victime de racisme, leurs traditions les rendent suspects et les difficultés économiques du pays attisent les propos et attitudes racistes. C’est le sort réservé à Aika, partie du Japon à 17 ans qui dans ce contexte va mettre au monde une petite Hannah, devenir veuve, s’installer à Vancouver, avant de finir parquée dans un camp d’internement et y mourir de chagrin (https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/).

Et qu’advient-il des enfants de ces immigrés? Hannah s’échappe du camp, se bat pour vivre, se bat contre un ours blanc et trouve refuge chez Jack, jeune garde forestier canadien issu des minorités indigènes, sauvage, introverti, protecteur de la nature et transmetteur des valeurs et des coutumes de ses origines indiennes. Sa rencontre avec Hannah leur révèle à l’un la vérité sur la 2ème génération d’immigrés japonais, à l’autre les histoires et la culture indigènes. Marie Charrel (https://www.babelio.com/auteur/Marie-Charrel/) nous propose une belle lecture, bien documentée, sur des faits historiques. Son récit vit avec les forêts, les lacs et les rivières de la Colombie britannique, plein de poésie, de contes et de légendes et de sagesse écologique.

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