Nous sommes faits d’orages, roman de Marie Charrel publié en 2025 aux éditions Les Léonides

Que vient chercher Sarah, islandaise de vingt ans, dans un village de montagne d’Albanie qui ne figure sur aucune carte et n’est desservi par aucune route? Troisième roman de Marie Charrel (https://mariecharrel.fr/) dans mon blog parce que j’ai voulu approfondir ma connaissance de cette autrice et parce que j’ai eu beaucoup de plaisir à la lecture de « Les danseurs de l’aube » (https://critiquacroquer.fr/les-danseurs-de-laube/) et « Les mangeurs de nuit » (https://critiquacroquer.fr/les-mangeurs-de-nuit-roman-de-marie-charrel-publie-en-2023-aux-editions-de-lobservatoire/). L’histoire se déroule cette fois en Albanie sous la dictature communiste d’Enver Hoxha (1944-1985). Dans les montagnes d’Albanie, les habitants du « village sans nom » forment une petite communauté tellement isolée du reste du monde que légendes et croyances constituent leur histoire et que leurs traditions font lois, comme la terrible loi du sang qui oblige d’exécuter les vengeances. Ils vivent en communion étroite avec la montagne et avec la nature vis à vis de laquelle ils ont conscience de leur responsabilité dans sa préservation.

Ce roman raconte d’abord la montagne, ses paysages magnifiques, ses dangers, son climat rigoureux, effroyable en hiver, ceux qui y vivent, bergers, chiens et troupeaux, loin au-dessus du village, ses rites et ses légendes. Il raconte aussi la vie sous la dictature d’Enver Hoxah (https://en.wikipedia.org/wiki/Enver_Hoxha). Les jeunes, naïfs, partent vers Tyrrana, insatisfaits de la vie au village où pourtant ils reviendront. Lulle, la rage au coeur, regarde ses amis s’éloigner parce que les filles restent au village, elles n’ont que faire d’étudier! Enfin, il raconte la vie quotidienne de cette communauté, ses drames qui finissent dans le sang puisqu’on ne peut pas échapper à la tyrannie des traditions ancestrales.

A la mort de sa mère près des montagnes d’Islande, Sarah reçoit en héritage la clé d’une maison du Village sans nom et l’injonction de retrouver Elora. Elle ne sait rien de l’Albanie ou d’Elora mais elle nous entraine dans un beau roman d’aventure, dramatique, historique, poétique, pastoral, écologique et féministe. J’ai encore eu beaucoup de plaisir à lire Marie Charrel avec toutefois deux petites réserves: la mécanique de ce roman est la copie des « mangeurs de nuit »: la quête de Sarah/ le mystérieux visiteur d’Hannah, la dictature communiste en Albanie/ les immigrés japonais au Canada, importance des traditions et légendes, omniprésence de la nature et conscience écologique… Enfin je ressens que l’écriture pourrait être plus suggestive mais c’est un ressenti très personnel. Autre avis: https://www.culture-tops.fr/critique-evenement/romans/nous-sommes-faits-d-orage.

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