café philo Mai 2022: séance façon Marc Sautet (choix du sujet le jour même)

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Sujet sélectionné: Peut-on enfreindre la morale sans faire de victime?

Ce que j’en pense après le débat:

Le sujet concerne la morale et il importe avant tout de distinguer la morale de l’éthique et de la loi parce qu’une infraction vis à vis de l’une n’en est pas systématiquement une vis à vis de l’autre. La morale réunit des préceptes moraux que la société élabore pour définir le bien et le mal. Ces préceptes ne sont ni universels ni légitimes. L’éthique comprend l’ensemble des principes et des opinions que « Je » considère comme justes. Elle peut donc être en contradiction avec la morale. La loi dicte les règles de la société et les pénalités en rapport avec leur infraction et nul ne peut revendiquer de les ignorer. « La morale dit le bien, l’éthique dit le juste et la loi dit le bon ». Le philosophe ne s’encombre pas de morale pour agir, il se réfère à son éthique. Il peut donc se trouver amoral et hors-la-loi.

Que signifie « enfreindre la morale » et qui sont les éventuelles victimes? La « valeur » de l’infraction n’est pas la même selon que le principe moral en jeu concorde ou non avec l’éthique et avec la loi. La morale constitue un fondement de la société, l’enfreindre c’est ébranler ce fondement donc nuire à la société. Mais l’intention de l’infraction peut être de faire évoluer la morale et la loi vers plus de bien-être pour ses membres. Un exemple en est le « manifeste des 343 salopes » de 1971 pour obtenir la légalisation de l’avortement. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343). Ces femmes françaises ont alors déclaré publiquement avoir avorté révélant une infraction à la morale et à la loi. L’auteur d’une infraction est lui-même victime selon le degré de conscience et l’intention de l’infraction.

Les conséquences d’une infraction sont incommensurables (au sens « impossibles à mesurer ») et parfois contradictoires, c’est à dire avec des conséquences bonnes et d’autres nuisibles. La société est donc victime et bénéficiaire. Par exemple faire entrer des migrants clandestinement sur le territoire peut améliorer ou leur sauver la vie mais leur cantonnement dans une jungle peut les exposer à des violences extrêmes. Ne pas respecter l’environnement aujourd’hui aura sans doute des conséquences manifestes dans des décennies. L’animateur philo a conclu que la principale victime des infractions à la morale est la morale elle-même et que ce sont ceux qui imposent aux autres les principes moraux qui font le plus de victimes.

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