Globalia de Jean-Christophe Rufin édité en 2004 aux éditions Gallimard

Page de couverture de l’édition Gallimard Folio empruntée à: https://www.senscritique.com/livre/Globalia/494418

Jean-Christophe Rufin construit ici une utopie de démocratie « parfaite et universelle » appelée Globalia où se trament des complots et une histoire d’amour. Un monde sous bulle de verre autorise une vie sous conditions climatiques stables et idéales ainsi que le respect des normes écologiques. La société vise un objectif de paix sociale et de prospérité pour tous et les progrès scientifiques promettent la bonne santé et la vie éternelle. Les choix politiques sont guidés par des élections aussi nombreuses que nécessaires. Tout devrait donc être pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Pourtant des attentats surviennent. Tous les globaliens n’ont pas la même aisance matérielle. Les bulles de verre ressemblent à des prisons où les geôliers sont remplacés par des psychologues. L’idéologie commune donne à certains des envies de fuir. Bien peu votent lors des élections et le pouvoir est en réalité aux mains d’une oligarchie qui possède les ressources et les moyens logistiques. Enfin, en dehors des bulles, le reste du vaste monde n’est qu’hostilité. La cohésion du peuple de Globalia repose en fait sur la peur de tout ce qui est « autre ».

Partant de l’observation historique que les sociétés n’ont jamais été aussi stables et prospères que pendant la guerre froide parce que l’ennemi commun pouvait être clairement identifié et examiné, l’auteur crée pour Globalia un « ennemi présentable » qui sera le ciment d’une peur raisonnable. Voilà un roman original, bien fait et qui ne manque pas d’intérêt. N’y cherchez pas tout de même un support pour une réflexion sur la démocratie comme pourrait le suggérer la 4ème de couverture. Toutefois une revue des critiques (élogieuses) révèle beaucoup de sujets de réflexion (https://fr.wikipedia.org/wiki/Globalia#Avis_critiques )

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