La bête en nous

de Jessica Serra, publié en 2021 aux éditions HumenSciences Mondes Animaux

Photographie personnelle de la page de couverture

Jessica Serra est éthologue (l’éthologie est l’étude scientifique du comportement des espèces animales y compris l’humain https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/zoologie-ethologie-143/). Elle est spécialisée dans la cognition animale. Dans cet ouvrage clair, accessible et documenté, elle traite de l’essence de l’humanité (qu’est-ce qui est spécifique de l’humain, peut le caractériser et le différencier définitivement des autres espèces animales?).

L’auteure nous rappelle que nos lointains ancêtres étaient animistes, qu’ils voyaient dans les animaux (et les autres éléments naturels) des égaux qui méritaient autant de respect qu’eux-mêmes. L’humain a ensuite acquis une vision du monde anthropocentrée et a considéré que le monde a été créé pour lui, mettant le reste des espèces animales à son service. Pourtant beaucoup de nos compétences, de nos rêves, de nos comportements et de nos émotions sont dans nos gênes que nous partageons largement avec des animaux. C’est ce qui fait dire qu’on ne nait pas humain, on le devient.

De très nombreuses expérimentations sont citées pour révéler l’intelligence des animaux, leurs compétences cognitives, leurs sentiments, leurs émotions, leurs vices et leurs vertus, leurs amours et leur sexualité. Que reste-t-il à l’humain après cette démonstration? On découvre des choses surprenantes dans ce livre, par exemple cette étude: des étudiantes américaines ont senti les t-shirt d’étudiants pour les choisir comme possible partenaire sexuel. Toutes ont choisi les étudiants dont les gênes du CMH (complexe majeur d’histocompatibilité c’est à dire les gênes qu’on prend en compte pour la compatibilité de greffe d’organe) étaient les plus différents des leurs. Cela veut dire qu’inconsciemment notre olfaction nous fait choisir des partenaires génétiquement différents de nous-mêmes pour assurer une meilleure descendance! Toutes les étudiantes? pas tout à fait et c’est encore plus surprenant, pas celles qui prenaient une contraception hormonale et si vous voulez savoir pourquoi, il vous faudra lire le livre.

En conclusion il est clair que la considération que nous accordons aux animaux dépend de nos connaissances sur tout ce qu’ils ont en commun avec nous, autrement dit que notre ignorance nous conduit à les mépriser. Nous avons un chemin à parcourir pour accepter que ce que nous pensions posséder de façon exclusive dans notre essence et notre intimité d’humain est en fait partagé par de nombreux animaux de toutes espèces. Reconnaître ce que nous partageons avec eux nous enrichit et change notre vision du monde. Le catalogue d’humenSciences nous y aide (https://www.humensciences.com/catalogue)

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