Les choses humaines

de Karine Tuil édité en 2019 aux éditions Gallimard, collection Blanche

Photo de la page de couverture de l’édition Folio

Elle clame qu’il y a eu viol. Il s’en défend en affirmant qu’il s’agit d’un rapport consenti. Karine Tuil utilise ce fait divers qui a fait grand bruit aux Etats-Unis pour nous livrer un roman sur les gens et les choses de la vie (https://www.europe1.fr/culture/comment-karine-tuil-sest-inspiree-de-faits-reels-pour-son-roman-les-choses-humaines-4017946).

Certains sont des gens de pouvoir, arrogants, obnubilés par la réussite, l’ambition, la quête de toujours plus, plus de pouvoir, plus d’argent, plus de reconnaissance, plus de plaisir. Mais aussi ils dissimulent leur fragilité, les zones sombres de leur histoire, ils cachent la compassion et la peur de perdre ceux qu’ils aiment. D’autres sont plus modestes, moins cultivés, moins visibles en société, ils peinent à s’affirmer et à bâtir des projets, ils craignent le regard et le jugement des autres. Mais tous se croisent et les rencontres ont des effets prévisibles ou non, bénéfiques ou catastrophiques. Et tout peut basculer d’une minute à l’autre. Chacun peut s’efforcer de maîtriser sa trajectoire mais chacun est irrévocablement soumis à sa propre histoire, au hasard, aux instincts, aux pulsions, aux passions, aux désirs, les siens propres et ceux des autres. Ce sont « les choses humaines »

C’est un bon roman (bon ne signifie pas plaisant à lire) couronné par le prix Interallié et le Goncourt des Lycéens 2019. Mais les personnages sont assez stéréotypés pour qu’on y voie un essai sociologique et les évènements « Me too » et « #Balance ton porc# » encore assez récents pour qu’on voie dans ce roman un manifeste pour la libération de la parole des femmes. On désire aussi l’issu du procès comme dans un thriller.

Pourtant, si je n’avais pas attendu le probable viol et le procès consécutif, je ne suis pas certain que j’aurais poursuivi la lecture jusqu’à la fin parce que les préoccupations et les déboires des « gens qui comptent », arrogants et méprisants, soucieux de s’affranchir des lois et contraintes qui s’imposent à tous, m’ennuient et qu’ils sont le sujet de la première partie (cent-vingt pages) du roman. Si le viol et le procès sont le thème de ce livre, alors ils arrivent trop tard. Si ce n’est pas le cas, alors le procès est trop présent. Mais ce livre a d’autres ambitions que de raconter un fait divers (https://www.franceinter.fr/livres/pourquoi-les-choses-humaines-de-karine-tuil-a-t-il-suscite-tant-de-passion-chez-le-masque-et-la-plume).

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