
En 1996 à Akure, ville du Nigeria (https://www.carte-du-monde.net/ville/afrique/nigeria/akure/), on partage la vie quotidienne d’une famille et en particulier de quatre garçons, les ainés occupés comme tous les adolescents du monde à des jeux et des découvertes. Le père, Eme, cadre à la banque du Nigeria, exerce l’autorité sans faiblesse. La mère des six enfants fait vivre le foyer, participe à l’église et à la vie de quartier, attachée aux traditions et croyances de sa tribu. Alors qu’Eme s’est éloigné du foyer pour raison professionnelle, les quatre garçons désobéissent et vont à la pêche dans le fleuve interdit car réputé maléfique. Pris en flagrant délit par Abulu, le fou du village, Ikenna, le plus vieux des garçons, l’entend proférer contre lui une malédiction qui le condamne à mort. C’est le point de départ de la désintégration de la famille.
L’auteur, Chigozie Obioma, romancier Nigerian (https://www.babelio.com/auteur/Chigozie-Obioma/390547) décrit la vie à Akure avec beaucoup de naturel, simplicité et authenticité. C’est coloré, spontané parfois un peu naïf. Les personnages et en particulier leur psychologie sont bien étudiés. Les situations, le déroulé des évènements sont clairs et logiques. Au-delà de cette peinture du Nigéria, fine et utile, cette histoire est tragique et d’une grande noirceur. Elle nous dit comment le seul fait d’adhérer à une croyance, en l’occurrence la force d’une malédiction, peut conduire à la violence et par enchaînement à la destruction d’une famille. On peut la lire comme un conte, d’ailleurs l’écriture est assez poétique, mais on connaît de semblables situations dramatiques dues à des croyances concernant par exemple les albinos ou des femmes déclarées sorcières ostracisées ou brûlées vives à ce seul motif (https://critiquacroquer.fr/crepuscule-du-tourment-de-leonora-miano/).